Description
Animée d’une fougue nouvelle, la poète reprit sa plume. Les mots s’enchaînaient, les heures défilaient, volubiles et angoissées. Les pages de son cahier de confidences se comblaient de vers en souffrance, à mesure que l’émotion la gagnait, de plus en plus rapidement, de plus en plus fort, comme des notes de musique émises par une âme pressée de fuir un monde sous l’emprise des démons de l’injustice. Ses compositions ne parvenaient cependant pas à couvrir ce bruit de bottes cadencées que l’on pouvait déjà entendre se rapprocher dangereusement de nos portes…
Malheureusement, la misère existait encore, se voyait même accentuée… Allions-nous ‒ entre autres ‒ ajouter à ce fléau l’indiscutable injonction de nous voir pour certains reconduits à la frontière, sous prétexte que des aïeux l’avaient franchie quelques décennies, voire quelques siècles auparavant ? Bon nombre d’entre nous se retrouvaient assis entre deux portes exiguës de l’administration, deux frontières bien distinctes. Être entre deux cultures n’est déjà pas simple, se retrouver banni de celle qui vous a vu naître semble impossible. Et pourtant… !
Par ailleurs, la guerre se rapprochait réellement à grands pas de nos frontières… Serait-on assez forts pour résister ? Pourrait-on empêcher nos fils de partir rejoindre le front ? Allait-on nous obliger à changer de camp pour nous ranger du côté des offensants, des plus forts ? Nous étions tributaires de ces futurs élus et de leurs choix arbitraires… Il y avait tant d’interrogations en suspens, tant d’incertitudes dont l’issue évidente se profilait assidûment…
Les éléments indésirables s’étaient déchaînés peu à peu en fonction des avancées et du contexte ambiant. L’automne s’était installé, les vents se mirent à déferler sur l’Auvergne, puis vient inexorablement un hiver frigorifiant notre France. La souffrance s’installa, la frontière des anges et de la Paix se retrouva bafouée… Il n’était plus de questions en suspens. L’on entendait déjà résonner des glas dans la campagne en deuil…
Dans ce recueil, la poète dénonce les travers d’une possible et nouvelle politique dominée par des élans inquisitoires, comme aux temps révolus des abus en tout genre. Elle évoque la misère toujours présente et autres injustices que le monde semble décidément ignorer. L’amour est cependant là, en filigrane, tout comme la nature sublimée et paisible dans un premier temps. Mais vient le moment où le nom des rues à l’effigie des défenseurs de nos Droits les plus légitimes et de la Paix se retrouve lui aussi outragé, débaptisé dans une tentative d’effacement des mémoires.








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