Description
Il est incontestable que Georges Brassens a fait entrer la chanson française dans une nouvelle ère. Le personnage est devenu une figure consensuelle, une sorte de vache sacrée dans notre mémoire collective. Pourtant, celui qui a été, en son temps, la cible de quelques polémiques célèbres, se retrouve au cœur de quelques paradoxes.
Fils d’un maçon anticlérical, mais aussi d’une mère très pieuse, il compte un curé au nombre de ses amis d’enfance. De même, un temps secrétaire de rédaction du journal de la Fédération anarchiste, Brassens compte « un grand flic » dans le cercle de ses proches. Son approche de la religion, de la politique, son regard sur la société se révèlent de fait plus complexes qu’il n’y paraît.
L’homme bourru derrière sa pipe et sa moustache apparaissant à ses détracteurs comme un mauvais garçon mal embouché, effrayant le bourgeois et les tenants de l’ordre, s’est révélé un homme respectueux des autres et ennemi de la violence. Accusé, en son temps, de porter atteinte à l’ordre et la morale en s’en prenant à ses piliers : la police, l’armée et la religion, le chanteur libertaire, peu militant, pourra heurter parfois ou décevoir.
C’est aussi le regard porté sur la femme par l’amateur de chansons de carabins et de salles de garde qui est pointé par un certain féminisme, alors que le même auteur, dans de tendres chansons, se montre sans concession à l’égard des institutions emprisonnant la vie, la femme et l’amour.
Autre paradoxe, sur le plan littéraire : cette œuvre, capable de mêler dans un même vers construction raffinée et expression populaire, est nourrie par une fine connaissance – en autodidacte – de la littérature, des poètes et des règles de la poésie. C’est pourtant la même à avoir subi censure et interdictions d’antenne pour infraction à la bienséance. C’est aussi le même auteur, pressenti par certains pour entrer à l’Académie française, qui se verra renier par d’autres la qualité de poète…
Qu’en est-il réellement des chansons de Georges Brassens et de leur auteur ? Ce libertaire ne serait-il en fin de compte qu’un « anarchiste d’opérette », un individualiste passéiste, un misogyne ? Quel portrait moral ses chansons dessinent-elles de lui ? Peut-on raisonnablement parler de poésie à propos de textes appartenant à un genre bien spécifique ? Voilà autant de raisons pour mettre cette œuvre « en examen » dans le cadre d’une étude approfondie des textes.
Cet ouvrage, enrichi par les illustrations de Michel Roman, tente de le faire de façon pédagogique tout en mettant en évidence la qualité littéraire d’une œuvre et son apport à la chanson française.





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