Enfers communs, Journal, de Flora de Negroni

26,00

« Ne cherchez pas pour l’instant de réponses, qui ne sauraient vous être données : car vous ne seriez pas en mesure de les vivre. Or, il s’agit précisément de tout vivre.

Vivez maintenant les questions. »

Rainer Maria Rilke

Allais je écrire un livre, où je me pose une question, à laquelle je ne trouve pas de réponse.

Oui. J’acceptais l’obscur d’une question sans réponse, c’était ne pas abandonner la recherche.

Quand j’avais parlé de la lumière.

Il s’agissait ici de parler de l’obscur.

 

Flora de Negroni, originaire du Cap Corse, est née et a grandi dans un univers intellectuel privilégié avec un père sociologue et écrivain, une mère professeure de linguistique, et comme parrain un certain Jean Edern Hallier. Elle écrit des textes poétiques et peint depuis l’enfance. Elle a une formation en philosophie et enseigne le français, tout en ne cessant de peindre. Plusieurs de ses oeuvres ont été exposées lors de manifestations collectives, à Paris, New York, Londres et Berlin.

Enfers communs est son deuxième livre, il vient à la suite de Nulle éclipse.

Description

Enfers communs vient à la suite de Nulle éclipse en tant que cheminement de pensée.

Si dans Nulle éclipse il s’agissait d’évoquer la contemplation et la lumière, dans Enfers communs, il s’agit de parler de la temporalité et de l’obscur.

Lorsque la lumière était évidente, l’obscur était plus difficile, car il n’éclaire pas. Cependant, je m’attelais quand même à la tâche, dans l’espoir de pouvoir répondre à cette question : qu’est-ce qui me redonnera la contemplation face à la temporalité ?

Si dans Enfers communs mon questionnement reste sans réponse, il s’agit de traverser l’obscur, silencieuse, de traverser une fange métaphorique, comme une nique à la dictature du bien-être. Et s’y insèrent les pensées que j’ai pu croiser au fil de ma recherche, dans ce bourbier, sans nom.

Mes pastels viennent se glisser dans ce bourbier. Parfois ils en parlent eux-mêmes, parfois ils rayonnent comme des traces de la contemplation évaporée. L’enfer bourbeux a ses joies malgré tout, il évoque la terre, des gouffres mêlés d’eau, l’enfer bourbeux qui s’épanouit dans la temporalité.

Si mon questionnement restera sans réponse jusqu’au bout du recueil Enfers communs, c’est que ce fut un choix pour moi d’écrire un deuxième ouvrage qui serait sans doute, un livre sur l’absence de réponse à une question.

Question lancinante qui revient sans cesse, comme un leitmotiv, petite musique qui s’ajoute à la musique principale, celle du bourbier. Il m’est apparu que c’était la musique principale, bien que je la mette au second plan, par rapport à mon questionnement.

Mais le questionnement est là pour alléger la musique principale, lui donner une peu de la légèreté de l’esprit, car le bourbeux est le corps lourd collé au sol.

J’ai trouvé chez d’autres auteurs un écho à mon bourbier, cet « enfer commun » que beaucoup d’entre nous traversent dans le silence de nos âmes. Ils accompagnent mon texte, ils accompagnent ma recherche.

Peut-il y avoir un peu de lumière dans l’obscur ?

Et je pense aux tableaux de Pierre Soulages où la lumière brille sur le noir.

Mon livre est clos. Il ne m’appartient déjà plus. Il est un témoignage de l’enfer, cette nuit plus douce que la nuit du monde.

Et mes dessins comme des souvenirs, qui sont comme des chansons dans la nuit.

Avec les Éditions Cap de l’Étang, Flora de Negroni publie son deuxième livre, texte et illustrations, qui s’intitule Enfers communs. Ou comment retrouver la contemplation face à la temporalité ? Il vient à la suite de Nulle éclipse, son premier livre, publié, lui aussi aux Éditions Cap de l’Étang.

Flora de Negroni est née et a grandi dans un univers intellectuel privilégié. Un père sociologue et écrivain, une mère professeur de linguistique, et même un certain Jean‐Edern Hallier comme parrain. Chez ses parents, à Paris, défilaient quelques têtes d’affiche des sphères culturomondaines, mais également leur plus féroce contempteur : le grand penseur marxiste Michel Clouscard, très proche ami de la famille.

Depuis l’enfance, elle peint et rédige des textes poétiques.

Un jour, elle eut rendez‐vous avec l’éditeur Claude Gallimard ﴾que sa mère avait croisé sur leur lieu de vacances   afin de lui soumettre ses poèmes. La petite fille arriva tout intimidée.

Après une lecture attentive, il lui dit : « dans quelques années ce sera parfait. » Elle garda cette phrase à l’intérieur d’elle-même, comme une confirmation à continuer à écrire, elle qui aimait tant cet exercice. Sentiment qui ne la quittera jamais.

A contrario, dans le village capcorsin de ses ancêtres, elle retrouvait chaque été des formes de sociabilité bien différentes, fondées sur des principes et des finalités rigoureuses, une codification des rapports humains radicalement étrangère à toute forme de snobisme, aux affrontements et aux complaisances de salon.

De ces expériences existentielles conjuguées, elle a tiré à la fois le goût du concept et celui de l’intuition esthétique, les deux s’engendrant d’ailleurs réciproquement.

Elle a commencé à peindre vers douze ans, et a eu tout de suite un grand plaisir à s’immerger dans la matière, à découvrir la concentration, comme présent qui dure. Elle gardera toujours cette trouvaille précieusement, comme un lieu de joie.

Elle a logiquement fait, par la suite, des études de philosophie, de lettres, d’italien, et enseigne le français. Ceci sans jamais cesser de peindre, un travail récompensé par sa participation à des manifestations culturelles collectives, à Paris, Londres, Berlin, New York.

Adolescente, elle a beaucoup voyagé, notamment en Afrique subsaharienne, profitant des amitiés de son père dans les sphères progressistes des élites intellectuelles locales.

La philosophie est sa grande passion, pas un jour ne passe depuis plus de vingt ans, sans qu’elle ne travaille au moins un moment un concept. La peinture et la philosophie lui procurent d’immenses joies. Et comme le disait Hegel, elle tente de rendre sensible, par le biais de la matière picturale, des idées, afin de les partager autour d’elle.

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