Quelques lettres suffiront de Monique-Marie Ihry

22,00

[…] Puisqu’il ne m’est donné de m’enlacer à vous,

puisque je ne puis me blottir dans vos bras,

je ferai de ces mots un trésor inestimable

que je garderai tu dans l’écrin de velours

où repose un cœur solitaire,

en attendant de renaître à mon tour

lorsque mon trouble aura rejoint le vôtre,

faisant de vous le fidèle apôtre

abonné à mon cœur !

 

Monique-Marie Ihry a réuni ici quelques poèmes d’amour de sa composition. Dans ce recueil situé aux frontières du deuil et de la mélancolie, même dans les paysages les plus rigoureux où la fusion est constante entre paysage et intériorité, subsiste le possible d’un renouveau. Sous la plume de l’auteure, la douleur liée à la disparition de l’être aimé retrouve une fraîcheur délicate grâce à la sincérité du ton, la richesse des images et une musicalité constamment maîtrisée.

Quelques lettres suffiront illustre brillamment une continuité du lyrisme au XXIe siècle alliant des formes libres et classiques, un lyrisme ne cherchant pas à rompre avec un héritage littéraire, mais à le perpétuer afin de dire l’amour, cette expérience universelle confrontée au temps de l’absence immuable.

L’auteure, maintes fois récompensée par des grands prix de poésie, nous offre ici et de nouveau une poésie intemporelle où l’émotion et l’élégance du verbe ne peuvent nous laisser indifférents.

Description

L’une des forces majeures de Quelques lettres suffiront est de parvenir à transformer une expérience intime en paysage universel. Ce recueil s’apparente à une méditation sur ce qui demeure lorsque tout semble avoir disparu. En fait, quelques mots, quelques images, ou seulement quelques lettres suffiraient parfois à sauver un univers dans lequel le verbe aimer aurait cessé d’être exprimé…

Le thème principal du recueil est celui du manque généré par l’absence perpétuelle. C’est un manque qui habite les jours, les saisons, la nature ; il façonne peu à peu son regard porté sur le monde. L’amour devient mémoire, le poème un calice mémoriel, une source à laquelle la poète se nourrit et survit malgré la disparition de l’être cher. Quelques lettres composant le verbe aimer suffisent en fait à maintenir vivant le souvenir de cet amour sous peine de le voir disparaître.

Par ailleurs, notons l’une des caractéristiques majeures de l’écriture de Monique-Marie Ihry qui est cette fusion entre le monde extérieur et l’intériorité du sujet lyrique. Dans la nature, ce miroir de l’âme évident chez l’auteure, la rose parfois blessée, tantôt renaissante, ballottée par les humeurs du temps et de la vie resplendit, s’effane, et puis s’étiole. À la fois beauté, fragilité, mémoire et promesse de renaissance, elle demeure le symbole privilégié de l’expérience amoureuse. Face à cette mélancolie, spectateurs impuissants, les arbres « ont des larmes d’automne », le ciel vient à s’incendier « d’un rouge flamboyant » et des nuages « obscurs » guerroient dans le ciel ; la « mer espérance » se retrouve comparée à un « un taureau meurtri/dans l’arène de l’univers ».

À travers une écriture lyrique assumée, nourrie par les traditions française et hispanique, le recueil propose une réflexion sur le souvenir lié à l’être aimé disparu et la pérennité du sentiment. Poète, traductrice de grands auteurs hispaniques et de poètes latino-américaines, de plus peintre et illustratrice, Monique-Marie Ihry revendique une poésie fondée avant tout sur l’émotion vécue, la symbolique, la musicalité et la continuité avec les formes lyriques traditionnelles. Son œuvre féconde de poésie et de traductions a été récompensée par de nombreux grands prix littéraires.

Dans ce recueil situé aux frontières du deuil et de la mélancolie, même dans les paysages les plus rigoureux où la fusion est constante entre paysage et intériorité, subsiste le possible d’un renouveau. Sous la plume de la poète, la douleur liée à la disparition de l’être aimé retrouve une fraîcheur délicate grâce à la sincérité du ton, la richesse des images et à une musicalité constamment maîtrisée.

Quelques lettres suffiront illustre brillamment une continuité du lyrisme au XXIe siècle alliant des formes libres et classiques, un lyrisme ne cherchant pas à rompre avec un héritage littéraire, mais à le perpétuer afin de dire l’amour, cette expérience universelle confrontée au temps de l’absence perpétuée.

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